Invitée à l’ESJC pour une rencontre autour du journalisme de terrain et du documentaire social, Maha Hasnaoui Amri a livré aux étudiants un témoignage à la fois sincère, exigeant et sans illusion sur la réalité du métier.
Journaliste reporter d’images, elle est revenue sur son parcours, de ses études en France à son choix de travailler en indépendante, avec une même ligne de conduite : aller sur le terrain, donner la parole à ceux qu’on entend peu, et traiter les sujets sensibles avec rigueur.
Au fil des échanges, elle a défendu une idée forte : la neutralité absolue n’existe pas, mais le journaliste peut rester juste en s’appuyant sur les faits, les chiffres, le travail de documentation et la parole des personnes concernées. Pour elle, un bon reporter ne part pas avec des préjugés. Il prépare son sujet, cherche les bons intermédiaires, prend le temps d’écouter et construit son récit sans forcer l’émotion.
La rencontre a aussi permis d’aborder, sans détour, les difficultés du métier : fragilité économique, poids des lignes éditoriales, pression sur certains sujets, dérives liées aux contenus payés. Sur ces questions, Maha Hasnaoui Amri a choisi la franchise, rappelant que le journalisme reste un métier essentiel, mais encore insuffisamment valorisé.
Autre point fort de son intervention : sa réflexion sur l’image. Si le reportage audiovisuel permet de rendre une réalité plus immédiate, il peut aussi accentuer, dramatiser ou déformer. D’où la nécessité, selon elle, de manier l’image avec autant de vigilance que les mots.
Face aux étudiants, elle a enfin lancé un appel simple : choisir des sujets qui comptent, s’adapter aux nouvelles formes de narration, et ne pas attendre que le métier soit facile pour s’y engager.
À travers cette rencontre, l’ESJC a offert à ses étudiants un échange précieux avec une professionnelle qui parle du journalisme tel qu’il est : exigeant, parfois instable, mais plus que jamais nécessaire.



