Chercheurs, professionnels et journalistes se sont réunis à l’occasion de la 21e édition du Prix de L’Économiste autour d’une conviction commune : la recherche n’a de sens que si elle dialogue avec le réel.
Mercredi 18 mars, au siège du groupe Eco-Médias, s’est tenue la 21e édition du Prix de L’Économiste, un rendez-vous désormais incontournable pour valoriser des travaux académiques à fort impact sur l’économie marocaine.
Depuis plus de vingt ans, ce prix poursuit un objectif clair : rapprocher le monde de la recherche et celui de l’entreprise. Une exigence rappelée dès l’ouverture de la cérémonie, où l’accent a été mis sur la capacité des travaux à proposer des lectures utiles, concrètes et ancrées dans la réalité marocaine.
Parmi les travaux primés, celui de Mustapha Imourige (ENCG Settat), lauréat du Prix Master, s’inscrit pleinement dans les mutations en cours. Son mémoire porte sur l’anthropomorphisme des chatbots et son influence sur l’expérience client.
Son analyse met en lumière une réalité nuancée : si l’humanisation des interfaces améliore l’engagement, elle peut également susciter des réactions négatives lorsque les interactions deviennent trop intrusives ou mal adaptées aux contextes culturels.
Un sujet au cœur des préoccupations actuelles des entreprises, confrontées à l’intégration rapide de l’intelligence artificielle dans leurs parcours clients.
Dans la catégorie doctorat, deux travaux ont été distingués ex aequo.
Celui de Nour Karim s’intéresse à l’innovation sociale dans les coopératives marocaines. Son étude, menée auprès de 180 structures, met en évidence un enjeu clé : au-delà des dispositifs d’accompagnement existants, la difficulté réside dans leur appropriation par les bénéficiaires eux-mêmes.
Elle souligne également l’émergence de pratiques concrètes, comme la création de fonds solidaires internes ou la mutualisation des ressources, révélant un potentiel réel mais encore insuffisamment structuré.
De son côté, Soufiane Nakri analyse le rôle du capital immatériel dans la création de valeur des entreprises cotées. Son travail met en avant l’importance du capital humain comme levier stratégique, tout en pointant un paradoxe : ces éléments restent encore peu valorisés dans les communications des entreprises.
Une observation qui interroge directement les pratiques de gouvernance et de reporting au Maroc.
Des panels au cœur du dialogue entre recherche et terrain
L’une des évolutions marquantes de cette édition réside dans l’introduction de panels réunissant chercheurs et professionnels.
Autour du mémoire primé en Master, les échanges ont notamment réuni Youssef Chraïbi, président directeur général du groupe Outsourcia, ainsi que des membres du jury, permettant de confronter les résultats académiques aux réalités opérationnelles, notamment sur les enjeux liés à l’intelligence artificielle et à l’expérience client.
Dans le cadre des travaux doctoraux, les discussions ont également mobilisé des intervenants issus du terrain, comme Samira Maati, présidente d’association engagée auprès des coopératives féminines, apportant un éclairage concret sur les problématiques d’accompagnement et de structuration du secteur.
Ces échanges ont permis de dépasser la seule présentation académique pour interroger directement l’applicabilité des recherches dans les contextes économiques et sociaux marocains.
Présents lors de la cérémonie, les étudiants de l’ESJC ont pu assister à l’ensemble des séquences, des remises de prix aux panels, en passant par les échanges entre experts.
Une immersion qui leur permet de mieux comprendre les liens entre production académique, enjeux économiques et pratiques professionnelles.
Car au-delà des distinctions, cette 21e édition confirme le rôle du Prix de L’Économiste comme espace de dialogue entre savoir, décision et action.




